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Égalité Femmes - Hommes dans l'islam

Mis à jour : 12 août 2020

Fille de deux universitaires, un père prof de français algéro-marocain et une mère prof de maths française d’origine corse, je n’ai pas toujours été musulmane. J’ai même fait partie de ceux qui accusaient l’islam de maltraiter les femmes...

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Mon « entrée » dans cette religion s’est faite de façon un peu particulière. Elle s’est produite après mon mariage - bref mais marquant - avec un homme violent de confession musulmane, qui argumentait chaque crise de violence par un : « Chez nous, c’est comme ça… ». Mon entourage social me renvoyait la même idée : se marier avec un musulman, c’était d’emblée une « prise de risque ». Lors de mes appels au secours, la police me faisait comprendre que je l’avais bien cherché en choisissant un tel mari, et lors de mon divorce, le juge de première instance avait conclu à un « conflit culturel » au sein du couple.

Par ailleurs, dans l’exercice de mes fonctions d’éducatrice à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, je rencontrais dans les familles émigrées suivies des violences familiales… Y-en avait-il plus que dans les autres familles ? Difficile à dire, mais la particularité, c’était que ces pères et ces maris liaient souvent leur comportement machiste et agressif à une sorte de « droit divin »…

Mes premières hypothèses de travail ont donc tourné autour de l’idée que l’islam permettait aux hommes de trouver une justification lorsqu’ils étaient violents à l’égard des femmes. Dans l’intention de le vérifier, j’ai entrepris une étude de cette religion, qui s’est avérée très différente de mes représentations de départ. A force d’étudier l’islam, je suis devenue musulmane… Comme l’imam qui m’a convertie avait l’habitude de le dire : j’ai divorcé de mon mari violent pour embrasser l’islam…


Dans les années où j’ai publié L’une voilée l’autre pas, avec Saida Kada (Albin Michel, 2003), j’ai commencé à accompagner les jeunes filles musulmanes qui se réappropriaient les textes musulmans en essayant de faire la différence entre les traditions patriarcales de la culture clanique de leurs parents et le Coran lui-même, pour cerner la part de dimension humaine dans les interprétations machistes. Nous découvrions des versets à partir desquels pouvait se construire une parfaite condition féminine et d’autres à partir desquels on pouvait aller dans le sens contraire.


Mais j’ai vite été absorbée par la lutte contre l’idéologie extrémiste et cette première génération de filles de culture française et de confession musulmane, attaquée à la fois par les musulmans traditionnalistes et par les interlocuteurs institutionnels qui considéraient qu’elles devaient rompre avec la religion pour s’émanciper, s’est pour beaucoup effacée.


Aujourd’hui, c’est donc avec intérêt et plaisir que j’ouvre enfin ce forum avec vous.


En ce qui concerne la méthodologie, avec les premiers jeunes qui m’ont demandé de travailler ce thème, nous avons décidé de commencer par lire l’ouvrage de Asma Lamrabet qui s’intitule Femmes et Hommes dans le Coran, quelle égalité ? aux éditions Al Bouraq.



Nous ferons des résumés chapitre après chapitre et lancerons nos questions et débats à partir de cet ouvrage dans un premier temps. Je précise que je vais assurer personnellement la modération du forum et que je n’accepterai aucun manque de respect ou même de jugement des uns envers les autres. Le forum n’est ouvert qu’aux personnes qui ont envie de croiser les regards et les expériences, les compréhensions de l’islam devrais-je dire, qui reconnaissent que toute interprétation est humaine et qui ne prétendent pas détenir la vérité, et qui veulent s’impliquer personnellement pour mieux comprendre et choisir leur façon d’être musulman (e).


Merci de votre compréhension et participation.



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